Les Jeux Antiques Romains

Les Jeux Antiques Romains

L'organisation

Les lieux des spectacles

Sources

 

Poterie antique

 

Les Jeux Antiques Romains sont des représentations, nommées ludi, données dans une arène . Ces Jeux Antiques étaient composés de programmes divers : combats de gladiateurs, lâchers de bêtes sauvages, divers spectacles, naumachies (combats navals), des chasses, puis plus tard, des orchestres. Les amphithéâtres sont en général de forme circulaire, et le sol est tapissé de sable, l'arena. Ce sable servait à pomper le sang et la sueur des blessés. Ces combats cruels attiraient énormément de spectateurs.

Il existait aussi des représentations théâtrales, très appréciés par tous, qui se déroulaient dans des théâtres. De grandes courses étaient aussi organisées, dans de grands bâtiments, les cirques. Les citoyens les plus riches pariaient de l'argent sur les participants.

 

 

Les Jeux Antiques Romains :

 

 

Chez les Romains, il existait deux types de jeux :

·         les jeux périodiques.

·         les jeux votifs.

 

Les premiers étaient voués à perpétuité en l'honneur d'un dieu ou d'une d'une déesse, tandis que les votifs étaient voués en l'honneur des divinités ou d'un évènement une fois seulement ou un nombre de fois déterminés. Nombreuses étaient les circonstances pour organiser un jeu votif, par exemple le début d'une guerre, un siège d'une ville, un événement public...

 

Les jeux périodiques étaient au nombre de vingt :

·         les Grands Jeux, ou Jeux Romains.

·         les Apollinaires.

·         les Augustaux, ou Palatins.

·         les Capitolains.

·         les Céréaux.

·         les Césariens, ou Jeux de Jules César.

·         les Compitaliens.

·         les Floraux.

·         les Gymniques.

·         les Martiaux.

·         les Mégalésiens.

·         les Piscatoriens.

·         les Plèbeiens.

·         les Tauriliens.

·         les Victoriaux.

·         le Jeu Troyen.

Ces derniers se déroulaient lors des fêtes religieuses ou civiles.

Il y avait aussi les Jeux Actiens et Quinquennaux qui se déroulaient tous les cinq ans, les Décennaux tous les dix ans, et les Séculaires tous les siècles.

L'organisation :

 

Voici les programmes des Jeux Antiques Romains les plus célèbres :

Lors des Grands Jeux, ou Jeux du Cirque, les représentations duraient cinq jours, et se composaient de combats de gladiateurs, de combats de bêtes sauvages, de théâtre, de lutte, d'intermèdes musicaux...

Les Jeux Apollinaires, en l'honneur d'Apollon, consistaient en courses de chars, en chasses, et surtout en représentations théâtrales tragédiques (Apollon est le dieu des Arts et de la Beauté).

La célébration des Jeux Augustaux, donnés pour fêter le jour de naissance de l'empereur Auguste, duraient tout juste un jour, mais ils comportaient des combats équestres, des chasses... Un repas était même offert aux sénateurs et à l'empereur dans le Capitole.

Dans l'année, il y avait alors soixante-sept jours de jeux.

Il faut préciser que, pendant la durée de ces jeux, les tribunaux restaient fermés, et l'on ne pouvait rendre la justice.

 

Le coût de ces jeux était souvent phénoménal, et la plupart du temps, l'argent provenait des impôts scandaleux prélevés par les gouverneurs des provinces romaines sur les familles de ces provinces.

 

Les Jeux étaient souvent de véritables massacres. Ainsi, César enverra six cent quarante gladiateurs dans l'arène, et l'empereur Trajan fera combattre dix mille prisonniers de guerre en même temps.

Quelques fois paraissaient dans les arênes des personnages célèbres qui se battaient pour rembourser leurs dettes.

A l'origine, cette milice se recrute dans les écoles de gladiateurs alimentées par les prisonniers de guerres, les miséreux, les criminels, les débauchés, ou encore les esclaves.

 

Les lieux des spectacles :

 

1 - Les amphithéâtres :

 

A l'origine de Rome, les combats se déroulaient à l'intérieur du Forum, mais les spectateurs y assistaient dans des conditions très inconfortables, car il n'y avait pas de places assises. Au premier siècle avant JC, les premiers amphithéâtres – appelés alors doubles théâtres – commençaient à rentrer en usage chez les Romains.

 

« Gaius Curion, qui, pendant la guerre civile, mourut dans les rangs césariens, pour les jeux offerts à l'occasion des funérailles de son père fit construire côte à côte deux théâtres de bois très grands, en équilibre et de même niveau, tournant chacun sur un pivot, et dans lesquels à la fois, le matin, il faisait représenter des pièces de théâtre, en les adossant l'un à l'autre, pour que le bruit d'une des scènes ne nuisît pas à la seconde. Dans la dernière partie du jour, on les faisait tourner tout à coup pour qu'ils se fissent face, tandis que les fonds se séparaient et que les extrémités des demi-cercles se réunissaient; il obtenait ainsi un amphithéâtre, et il y donnait des spectacles de gladiateurs »

Pline l'Ancien, Histoire Naturelle, XXXVI, 116

Les amphithéâtres furent introduits par César et Curion (voir texte ci-dessus), qui en construisirent respectivement en 46 après JC et 53 avant JC. Le premier monument en pierre date de 29 avant JC, mais il fut détruit par un incendie un siècle plus tard. Pour le remplacer, on construisit alors le célèbre Colisée. Plus tard, ce type de bâtiment se répandit rapidement dans tout le monde romain. En France, nous connaissons les amphithéâtres d'Arles, d'Orange, de Nîmes, de Lyon, de Toulouse ...

 


Sous-sol du Colisée

 

Le Colisée mesure 188 mètres sur 150, pour une hauteur de 52 mètres et un périmètre de 527 mètres. Il y a environ 55 000 places assises dans le Colisée. De plus, le sol du Colisée a une surface 4500 m². Mais face aux spectateurs trop nombreux pour être tous acceptés, on construisit en plus de petits amphithéâtres en bois mobiles, qui n'étaient guère très résistants, et qui risquaient à tout moment de s'écrouler.

 

Un certain Atilius, d'une famille d'affranchis, avait entrepris de construire à Fidènes (5 km au nord de Rome) un amphithéâtre pour y donner un spectacle de gladiateurs, mais il n'établit pas les fondations sur un sol ferme et négligea d'assujettir à l'aide de solides crampons la superstructure de bois, et cela parce qu'il avait entrepris cette affaire non point parce qu'il était riche ni pour assurer sa popularité dans la petite ville mais pour en retirer un vil profit. Une foule accourut, de gens avides de tels spectacles, sevrés comme ils l'étaient de plaisirs sous le règne de Tibère : hommes et femmes pareillement, gens de tout âge, d'autant plus nombreux étant donné la proximité de l'endroit. Ce qui rendit le désastre plus lourd : l'édifice, se, trouvant surchargé, puis disloqué et s'effondrant sur lui-même et vers l'extérieur, précipita dans le vide ou écrasa un nombre immense d'êtres humains en train de contempler le spectacle ou bien stationnant à l'entour.

 

Tacite, Annales, IV, LXII et LXIII (Traduction Grimal, La Pléïade)

 

Les spectateurs avaient chacun leurs gradins respectifs : les citoyens les plus riches avaient droit à leurs places réservées aux premiers rangs, sur des sièges confortables, tandis que les plus pauvres s'entassaient sur les gradins les plus éloignés, et n'entrevoyaient qu'une partie du spectacle. Au départ, sur les gradins étaient mélés les hommes et les femmes, mais l'empeur Auguste ordonnera plus tard leur séparation. L'empereur, sa famille et ses proches occupent une grande loge située aux premiers rangs.

Le Colisée de nos jours


C'est d'ailleurs l'empereur lui-même qui décide du sort du vaincu, lors d'un combat de gladiateurs.

 

Les arènes romaines étaient transformables à volonté selon les besoins du spectacle ; au besoin, elles peuvent être inondées pour les spectacles de naumachie ou être recouvertes d'un voile immense pour faire de l'ombre aux spectateurs lorsque qu'il faisait chaud.

Les combattants entraient par une porte opposée à la porte Libitinaire – par où l'on évacuait les morts, car la déesse Libitina est la déesse des funérailles. Les fauves sortaient par des ouvertures pratiquées à cet effet, et étaient souvent excités par des torches enflamées, car le bruit, la foule et l'agitation les effrayaient. Comme dans les corridas, le personnel s'abritait dans de petites cabanes si les fauves se retournaient contre eux. Les installations intérieures n'étaient pas visibles par le public, comme par exemple, les nombreux souterrains où étaient « parqués »les gladiateurs et les animaux. Ces derniers étaient ensuite amenés dans des loges ouvrant sur l'arène par des monte-charges.

 

2 – Le cirque :

 

Le cirque romain (circenses) est un espace réservé aux célèbres courses de chars. Mais il pouvait aussi servir à des luttes et des exercices de voltige à cheval. Les courses de chars restent néanmoins les plus célèbres représentations se déroulant au cirque. Dans la ville de Rome, il y avait de nombreux cirques, mais le plus important, le plus ancien et le plus connu est le Circus Maximus. Il est situé entre le Palatin et l'Aventin.

Celui-ci, après de nombreux agrandissements, mesurait 600 mètres de longueur pour 200 de largeur, et, au IIème siècle après JC, pouvait contenir jusqu'à 250 000 personnes. Une ambiance folle régnait dans les cirques, mais ne réussissait pas à déconcentrer les coureurs.


Circus Maximus de Rome (maquette)


Les chars, dans une course de biges (= chars à deux chevaux), n'ont jamais dévoré la plaine avec plus d'impétuosité quand leur torrent se précipite hors des barrières, ni les cochers plus vivement secoué les rênes ondoyantes sur l'attelage qu'ils viennent de lancer : le corps en avant, ils se penchent pour le toucher du fouet. Alors la forêt retentit tout entière des applaudissements, des cris, des encouragements de chaque parti, les rivages qu'elle enserre se renvoient les échos, les collines ébranlées tressaillent sous les clameurs.

Virgile, Enéide. V, v. 144-150


Conducteur de char et son attelage (dessin)


Les courses donnaient lieu à des paris : chaque parieur pariait souvent une forte somme d'argent sur une équipe de son choix. Si cette équipe gagnait la course, le parieur devenait riche. Mais si, au contraire, l'équipe perdait, le parieur perdait tout son argent.

Une partie de l'argent ramassé revenait aux coureurs ; certains amassaient ainsi d'immenses fortunes.

Avant le spectacle se déroulait une procession, sous la conduite du préteur. Celle-ci partait du Champ de Mars, traversait la ville, et s'arrêtait pour un sacrifice de boeufs, avant de repartir vers le cirque.

Aux débuts de la République, seulement deux équipes, les verts et les bleus luttaient pour la victoire. Mais ces courses avaient aussi des enjeux politiques : les verts défendaient le parti populaire, tandis que les bleus défendaient le parti conservateur.

Puis, après l'apparition de l'Empire, ces enjeux politiques s'évanouirent : deux autres équipes, les blancs et les rouges s'adjoignent aux premiers. Les attelages font alors sept tours de piste. Les cochers – souvent esclaves ou affranchis - sont de véritables cascadeurs : accidents, collisions avec des concurrents, accrochage à une borne, virages pris trop larges... rythment leur quotidien. Fréquemment, un accident les prive prématurément des fortunes accumulées pendant parfois des décennies.

 

3 – Le théâtre :

 

En 240 avant J.C, les magistrats romains chargent un Grec, Andronikos, de donner les premiers jeux scéniques, les ludi scaenici. Il traduit donc des pièces de théâtre grecques en latin : le théâtre romain est né ! De grands auteurs romains comme Plaute ou Sénèque, écriront plus tard des pièces originales, mais encore fortement inspirées des modèles grecs.

A ce moment-là, au début de la République, les représentations étaient données dans des bâtiments provisoires destructibles en bois, car les nobles romains refusaient qu'un théâtre soit construit à Rome. Les spectacles n'étaient donc données que le jour, et si le temps le permettait. Les représentations théâtrales n'ayant pas lieu tous les jours, les riches romains estiment qu'ils n'avaient pas besoin d'un théâtre permanent. En 154 avant J.C, les censeurs romains tentent pourtant de construire un théâtre permanent, que le Sénat détruira dès sa construction finie. Le premier théâtre en pierre n'est apparu donc à Rome qu'en 55 avant J.C : c'est le le théâtre de Pompée, avec une scène de 80 mètres de largeur et une capacité d'environ 20 000 places. D'autres théâtres en pierre, comme celui de Marcellus, ont été construits plus tard.

 


Théâtre romain de Mérida en Espagne. Construit en 16-15 avant J.C, sur le projet du consul Marcus Agripa.

10 octobre 2004, Håkan Svensson.


Pour les formes, le théâtre romain s'inspire beaucoup du théâtre grec, à la différence qu'il n'est pas adossé à une colline. Le théâtre romain est construit de toutes pièces. Comme le Colisée, il pouvait être recouvert d'une toile géante destinée à protéger les spectateurs du soleil. Le théâtre couvert, qui possède un toit, est appelé Odéon.

Tout le monde pouvait aller au théâtre : hommes, femmes, enfants, et même les esclaves. Le théâtre était un lieu de rencontres, car on pouvait s'y réunir, créer des relations... Les personnes les plus populaires tenaient à être présents lors des représentations, pour consolider leur influence auprès des spectateurs.

 

Il y avait plusieurs types de représentations : les comédies, les tragédies, les tragi-comédies ...

 

Dans les pièces comiques, le public repérait rapidement le rôle de chaque acteur : les acteurs revêtaient une toge pour les rôles de citoyens (blanche s'ils sont vieux, multicolore s'ils sont jeunes), tandis que les interprètes d'esclaves s'habillaient d'une simple tunique.

Dans la tragédie, les acteurs étaient chaussés de cothurnes (des chaussures à semelles épaisses qui rehaussaient les acteurs), vêtus de longues robes et coiffés d'une couronne.

Pour n'importe quel type de pièce, les acteurs portaient des masques (différents suivant les rôles, qui avaient la particularité d'amplifier les voix), et étaient maquillés

Chaque pièce théâtrale était jouée par des acteurs qui interprétaient plusieurs rôles, mais également par des musiciens : un joueur de flûte et un chanteur (cantor). Dans certaines pièces, les chanteurs récitaient les paroles des acteurs, tandis que ces derniers mimaient les actions de la pièce.

Rapidement, les Romains favorisent le spectaculaire : les dieux volent et descendent sur scène au moyen d'une grue, la machina tractoria. Les fantômes apparaissent et disparaissent grâce à des trappes, les scalae orcinae.

 

 

 

 

 

Sources :

 

 

Bibliographie :

 

L'histoire du peuple romain, Editions Gallimard-Larousse.

 

La vie quotidienne à l'apogée de l'Empire, Jérôme Carcopino, Hachette.

 

Latin 4ème en séquences, 2002, Magnard.

 

La vie à Rome aux temps antiques, Paul Werner, Editions Minerva.

 

Sites Internet :

 

http://www.ac-versailles.fr/pedagogi/anti/jeuxrome/spectac/thear0.htm

 

http://www.ac-versailles.fr/pedagogi/anti/jeuxrome/spectac/cirq0.htm

 

http://www.ac-versailles.fr/pedagogi/anti/jeuxrome/spectac/amphil2.htm

 

 

Images :

 

http://www.maquettes-historiques.net/R11.jpg

 

http://php.educanet2.ch/epcorgemont/spip/IMG/jpg/combat_gla.jpg

 

http://commons.wikimedia.org/wiki/Image:Merida_Roman_Theatre1.jpg

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Cirque_%28romain%29