Le reveil du Vesuve.

 

La disparition de Pompéi, Herculanum et Oplonto.

 

Voici l'histoire de Pompéi et des villes autour du Vésuve avant que celui-ci n'entre en éruption et ne les fasse disparaître.

 

 

Les premiers signes d'activité du Vésuve :

 

            Pour les habitants de la baie, le Vésuve n'était qu'une grande colline. Même le géographe Strabon, qui l'avait identifié comme volcan, ne s'était pas rendu compte de son activité. Très actif au huitième siècle avant Jésus-Christ, le volcan s'était endormi pendant huit cent ans. Un épais bouchon de lave durcie obstrua alors le cratère. Au premier siècle après Jésus-Christ, le volcan se réveilla. La pression des gaz s'accrut dans le cône obstrué. Le cinq février 62, le sud de l'Italie connut de violentes secousses : les gaz cherchaient à s'échapper.

 

 

Eruption :

 

            Le 24 août en 79 avant Jésus-Christ, rien ne laissait présager le désastre imminent. Les hommes se livraient à leurs occupations quotidiennes ; dans les fours, les pains cuisaient, dans les fermes on entassait les amphores et les jarres pour les vendanges, des bateaux accostaient. L'après midi, comme d'habitude, les habitants avaient délaissé leurs activités et étaient allés se reposer dans les thermes. Mais brusquement un grondement effroyable fit lever tous les yeux vers le Vésuve, la montagne qui étendait son ombre sur Pompéi, Herculanum, Oplonto... Le volcan entrait en éruption, tuant tout sur son passage. Et bientôt une masse de matières volcaniques étaient projetés dans les airs à 3000 mètres de hauteur, en un énorme nuage noir, qui avait la forme d'un pin parasol. Il rendait le jour pareil à la nuit. Les spasmes qui contractèrent la terre firent reculer la mer et trembler les maisons. En quelques secondes les pompéiens ébahis virent pleuvoir sur leurs têtes des grandes quantités de lapilli (petites pierres poreuses projetées dans les airs par le volcan en éruption) .

 

Situation géographique de Pompéi


 

            En 12 heures, se formait une couche de 3 mètres de haut pénétrant dans les maisons, recouvrant les toits qui au fur à mesure s'écroulaient. Dans la nuit du 25, vers 1 heure du matin, la pression des gaz volcaniques ayant soudain diminué, la colonne éruptive s'éteignit.

Dessin du Vésuve en éruption



            Dans les 7 heures qui suivirent, des roches en fusion et des «surges», des nuages ardents formés de très fines particules de cendre, se précipitèrent vers la plaine à 250 mètres par seconde.

 

            Vers 6 heures du matin, eut lieu le flux le plus destructeur à Pompéi. L'effondrement du cratère d'éruption provoqua l'accumulation d'une couche compacte de cinérites, des cendres solidifiées, d'une épaisseur de 50 à 150 centimètres.

 

            Dans les jours suivants, d'autres pierres ponces s'accumulèrent au dessus de la couche (déjà bien épaisse) sur près de 50 centimètres. Ce fut la dernière phase de l'éruption. Une couche de matières volcaniques de cinq centimètres recouvrait maintenant les alentours du volcan. L'effondrement du cône volcanique libéra une coulée de lave et de magma en fusion qui se précipita en direction de la ville voisine d'Herculanum. La cité fut submergée par une coulée de boue qui s'entassait jusqu'à 12 mètres de haut. Cette couche de boue, de détritus, et de lave, se solidifie et s'étend. Elle envahit la cité d'une couche épaisse et la submerge entièrement. Les matières volcaniques qui provoquèrent la destruction des deux villes servirent à les conserver pratiquement intactes jusqu'à nos jours. Les habitants face à la fureur du Vésuve avaient réagi de façons diverses. Certains avaient pris peur dès le début, s'abritant dans les caves, dans les boutiques, dans les maisons... De nombreux toits s'effondrèrent sous le poids des pierres, emprisonnant et tuant les habitants réfugiés à l'intérieur.

 

 

Pline le Jeune :

 

 

            Pline l'ancien, un savant, habitait sur une île avec sa famille en face de Pompéi et se demandait pourquoi le Vésuve fumait, les romains ne connaissaient pas les volcans et donc n'avaient pas de mots pour les désigner, Pline l'Ancien reçut un message d'un ami qui habitait à Stabies, son ami appelait à l'aide. Il partit donc avec Pline le jeune, son neveu. Pline l'ancien a été tué par une nuée ardente, Pline le jeune a survécut et nous a rapporté tout ce qui s'était passé dans les lettres qu'il écrivait à Trajan. C'est comme cela que nous savons ce qui s'est passé.

 

«on entendait les gémissements des femmes, les vagissements des bébés, les cris des hommes ; les uns cherchaient de la voix leur père et leur mère, les autres leurs enfants, les autres leurs femmes, tachaient de les reconnaître à la voix. Certains déploraient leur malheur à eux d'autres celui des leurs. Ils y en avaient qui, par frayeur de la mort appelaient la mort. Beaucoup élevaient les mains vers les dieux ; d'autres, plus nombreux, prétendaient que déjà il n'existait plus de dieux, que cette nuit serait éternelle et la dernière du monde.»

 

 

 

Les corps :

 

        Beaucoup de cavités contenant des ossements et ayant gardé la forme originelle de leur corps ont été retrouvées. Pour les déplacer, on a inventé un processus qui consiste à remplir cette cavité de plâtre. Des chercheurs ont récemment trouvé dans une boulangerie, des mules qui s'étaient réfugiées dans un coin, leurs maîtres les avaient oubliées. Il y a quelques années, une scène touchante a été mise à jour : un homme tendant son enfant à sa mère. Ils sont restés figés à jamais. Aujourd'hui seule une partie de Pompéi a été fouillée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Moulages de corps retrouvés à Pompéi

 

 

Les fouilles :

 

        On a retrouvé des restes de bâtiments de Pompéi : des magasins, des bains, des villas, des sanctuaires, des rues... Beaucoup de magasins avaient encore leurs marchandises. Dans les boulangeries, les pains ont été découverts intacts mais carbonisés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fouilles effectuées à Pompéi

 

 

 

 

 


 

Dans l'amphithéâtre qui se trouvait juste à côté de la palestre avaient lieu les combats des gladiateurs. La palestre servait de terrain de sport, de lieu d'enseignement, de promenade, de marché d'esclaves. Il y avait même une piscine en son centre. L'eau en trop était utilisée pour nettoyer les latrines publiques.

 

 

 

Les maisons :

 

 

 

 

Exemple de plan de villa romaine


            Ce sont les Etrusques qui ont appris aux romains à construire de véritables habitations, de plan rectangulaire. Ce type de maison se nomme domus. Elle n'a pas de fenêtres extérieures et donne sur une rue. Une porte, fermée de deux battants, conduit par un vestibule jusqu'à l'atrium. L'atrium est la partie essentielle de la domus, c'est une cour carrée avec en son centre l'impluvium, un bassin servant à recueillir l'eau de pluie. Cette pièce est couverte d'un toit à pente intérieure avec une ouverture de même surface que l'impluvium, nommé le compluvium. La pluie tombant par cette ouverture est recueillie dans le bassin pour les besoins en eau de la maison.

 

 

 

Une domus : la maison des Vettii

 

 

       



Dégagée en 1894 et 1895 par Giulio De Petra, la maison des Vettii devint immédiatement très célèbre, autant pour son précieux décor, riche en tableaux et figures mythologiques, que pour l'abondance de sculptures en marbre et en bronze et son architecture elle-même. Les Vettii , connus grâce à des inscriptions, étaient des affranchis très riches, propriétaires terriens et négociants. Leur maison atteste leur réussite sociale.

 

 

 

 

Une autre célèbre domus : la villa des Mystères

 

 

 




Cette maison est connue dans le monde entier. Elle est appelée la villa des Mystères car elle possède des fresques qui représentent un rite étrange. Il y a plusieurs hypothèses : selon certains, elles représentent un mariage, le passage à l'âge adulte... Il est probable qu’il s’agit de la représentation des mystères de Dionysos. La villa des Mystères a été entièrement restaurée, à l'intérieur comme à l’extérieur. On peut encore y admirer des mosaïques, des statues, des peintures... Même le jardin a été reconstitué.     

 

 

 

Les jardins :

 

 

Voici quelques aspects des jardins de Herculanum.

 



             On trouve dans les jardins des arbres rares, des fontaines, des statues et des bassins où des poissons sont élevés. Quelquefois, on y voit des cascades. A côté, il y a souvent des terrasses. Les fleurs préférées des Romains sont les roses, les violettes et les lauriers-roses. Les Romains sont très attachés à une conception artistique du jardin.

 

 

Beaucoup de lieux remarquables ont été conservés à Pompéi et restaurées avec soin. Le visiteur est revenu aux temps romains. Dans les rues, on voit encore les passages pour piétons, les pavés, les fontaines, les trottoirs...

 



 

 

Bibliographie :

 

Sites :

http://www.dfj.vd.ch/gybur/branches/latin/pompei.htm

www.college.laboetie.free.fr/latin.htm

http://ecole.orange.fr/college.saintebarbe/rome/domus.htm

 

Livres :

La vie privée des hommes, 1980 Hachette

latin 5°, 1997 Nathan

Pompéi, 1995 Terrail

Art et histoire de Pompéi, 1989 Bonechi